La peinture asiatique

1. La peinture Japonaise

L'héritage chinois, que le Japon assimile peu à peu dès le milieu du VIe siècle, influence durablement et profondément la tradition picturale japonaise.

La peinture narrative de l'époque Muromachi (fin XIVe-fin XVIe siècles) offre de nombreux exemples de textes, commentaires ou dialogues, inscrits dans le cadre des images.

Kano Eitoku (1543-1590)

Artiste japonais de la période Momoyama

Ekaku

Hakuin Ekaku (1685-1768)

Comme chef spirituel et comme peintre, il a eu une grande influence sur les études de Zen et les peintures Zen.

Kitagawa

Kitagawa Utamaro (1750-1806)

Un des plus grands peintre de ukiyo-e , il a influencé les impressionnistes français . Ukiyo-e - images du monde flottant, période du Japon, Edo (1600 à 1867) forme populaire d'art imprimé au Japon décrivant des scènes de la vie quotidienne

Kuwagata Keisai (1764 - 1824)

Peintre d'ukiyo-e

Watanabe Kasan

Watanabe Kazan (1793-1841)

Connu pour ses portraits de caractère, il est érudit, lettré et peintre.

Hokusai Hokusai

Hokusai (1760-1849)

(Vues du Mont Fuji)

Peintre, dessinateur spécialiste de l’ukiyo-e , graveur et auteur d'écrits populaires japonais il a influencé de nombreux artistes européens comme Gauguin et Van Gogh.

katsukawa

Shun Ei Katsukawa (1762-1819)

Eisan Kikugawa Eizan (1787-1867)
Sharaku Toshusai Sharaku (1770-1825)

Il peint de manière réaliste les acteurs de Kabuki c’est pourquoi il devenu célèbre qu’après avoir été découvert en occident.

Hiroshige

Utagawa (Ando) Hiroshige (1797-1858)

(Temple de Kinryusan  Asakusa, période d'Edo, 1856)

Calligraphies

Fujiwara no Kozei (972-1027)

Calligraphe de la période de Heian .Il est connu comme maître de kana (caractères qui notent chacun une unité de rythme différente de la syllabe). Son écriture est devenue un modèle pour l'école de Sesonji .

La peinture moderne

Ecole Nihonga

Uemura Shoen

Uemura Shoen (1875-1949)

(Mother et Child, 1934, National Museum Modern.Art Tokyo)

Elle peint des portraits de femmes et d’enfants aux lignes simples et aux couleurs claires, et des scènes de Kyoto, elle est inspirée par la littérature japonaise classique.

Imamura Shiko (1880-1916)

(Le conte du Tawara).

Il a conservé les lignes gracieuses caractéristiques de la peinture de yamato-e.

Yoshida Hiroshi

Yoshida Hiroshi (1876-1950)

Après la fin de la période de Meiji (1912) il renouvelle la lithographie. Artiste cosmopolite il garde ses racines des traditions japonaises.

Yokoyama Taikan (1868-1958)

(Mt.Fuji - fleurs de cerisier la nuit)

L’absence de lignes de fuite permet d’obtenir des lointains ‘‘ouverts’’. Quelques dégradés imposent à l’oeil une impression de troisième dimension. Il allie les méthodes traditionnelles aux méthodes occidentales.

Takeuchi Seiho

Takeuchi Seiho (1864-1942)

(Le lion- coin du feu)

Sa peinture est un mélange de peinture japonaise traditionnelle et de peinture occidentale. Ses sujets préférés sont les animaux (souvent dans des poses drôles). Mais il  fait également des paysages.

Kantsetsu

Hashimoto Kansetsu (1883-1945)

Il s’est inspiré du paysage chinois et de la littérature classique chinoise. Il a établi un modèle unique en adoptant des modèles de différentes écoles. Ses peintures d’animaux sont considérées des chefs d'oeuvre.

Sakakibara Shiho (1887-1971)

Il peint des fleurs et des arbres, des insectes et des oiseaux. Il a adopté le réalisme des peintures occidentales et les détails complexes de l'école de Rinpa .

Ito Shinsui (1898-1972)

Ses portraits de femmes -bijin sont particulièrement expressifs et raffinés.

Il est l'un des grands noms du mouvement d'art de Shin Hanga.

Hayami Gyoshu (1908-1949)

En 1914 il fonde (avec Imamura Shiko) les Sekiyokai (Societé du Jour Rouge), d’abord symboliste il devient plus réaliste.

L’art de l’époque Shôwa avant-guerre (1926-1945)

Certains artistes recherchent une expression d’avant-garde, d’autres en revanche s’orientent dans la voie d’un retour aux sources japonaises et au classicisme. Dans le style japonais, Yasuda Yukihiko et Kobayashi Kokei choisissent des thèmes historiques, adoptant un tracé rigoureux des contours inspiré de la peinture de la Chine ancienne. Umehara Ryûzaburô et Yasui Sôtarô sont les meilleurs représentants de la peinture de style occidental.

L’art pendant et après la guerre

Peintures de guerre commandées par les services d’information de l’armée. Peintures réalistes.

L’art des années 1950 et 1960

Imposants plans de couleur, la peinture essaie d’aller directement au cœur même de la nature et de l’univers, nouveau genre de peinture abstraite.

Kobayashi Kokei (1883-1957)

(Arbre de magnolia)

Sa peinture est  naturaliste et néoclassique. Ses modèles sont gracieux.

La peinture contemporaine

Higashiyama

Kaii Higashiyama (1908-1999)

Peintre de paysages riches en détails. Il s’est intéressé à la culture occidentale

Hasegawa

Shoichi Hasegawa (1929-)

Son œuvre allie la finesse des signes à leur densité dans sa gravure en couleurs

Hirayama

Ikuo Hirayama (1930-)

Il peint dans le style nihonga - école qui, à la fin du XIXe siècle, intégre aux techniques japonaises des moyens picturaux occidentaux. Sublimation des croyances religieuses.

Kitagawa

Utamaro Kitagawa (1754-1806)

Il peint la femme japonaise idéalisée, bijin-ga ("beautés féminines") mais dans ses occupations quotidiennes. Les formes sont élancées et graciles. Il est considéré avec Hokusai comme l'un des plus grand maîtres de l'estampe japonaise.

Mouvement Gutaï

Les artistes de ce mouvement recherchent de nouvelles expériences picturales, ils utilisent le geste, rappel de la spontanéité de l'écriture. Gutai inspire l’Action Painting de J Pollock.

Yoshihara

Jiro Yoshihara (1905-1972)

Fondateur et théoricien du mouvement Gutaï, il est considéré comme l'un des précurseurs de l'art abstrait au Japon. Il  répète des cercles évoquant le  satori- éveil dans le boudhisme zen.

Kanayama Akira Kanayama (1924-)
Kasuo Shiraga

Kazuo Shiraga (1924-)

La recherche de nouveaux modes d'expression le pousse à pratiquer la peinture avec les pieds, debout ou pendu à une corde.

Motonaga

Sadamasa Motonaga (1922-)

Ses œuvres réhabilitent les matériaux bruts comme les clous et le bois.

L'abstraction

Isamu Noguchi (1904 - 1988) américano-japonais

Sculpteur et designer

Ikko Tanaka

Ikkō Tanaka (1930 - 2002)

Son style allie les motifs japonais traditionnels et l'abstraction géométrique occidentale. Il aborde tous les aspects du design.

Sugai Kumi

Kumi Sugai (1919 - 1996)

Il a été formé à la fois aux techniques picturales occidentales et à la calligraphie traditionnelle.

Atsuko Tanaka

Atsuko Tanaka (1932-2005)
Elle évolue vers une abstraction géométrique, riche et colorée. Elle réalise des performances sur le thème du vêtement.

Art d'inspiration populaire dessins animés, bandes dessinées, les "mangas"

Amano

Yoshitaka Amano (1952-)

Il s’est tourné vers l'illustration fantastique, son style s’est inspiré de l’Art nouveau et de l’Expressionnisme.

Hiroshi Masuyama (1943-)

Il adopte un style mêlant manga et arts traditionnel.

Tadanori Yokoo (1936-)

Il explore avec radicalime les sujets issus d'une mémoire personnelle et collective comme la mort, la vie, la société, le sexe ou la religion. il n'hésite pas à choquer ses contemporains.

Koichi Enomoto (1977-)
Il porte un regard acide et ironique sur la jeunesse.

Art minimal et Land Art

Ufan

Lee Ufan (1936-) né en Corée

Minimaliste, il cherche à limiter la partie peinte pour laisser la partie non accomplie. Ses peintures ont une dimension mystérieuse et méditative.

Kimio Tsuchiya (1955-)

Il réalise de grandes sculptures minimalistes ou des installations en plein air avec des matériaux bruts.

Shiro Hayami (1927- )

Spécialiste de "Land-art", installations en pleine nature.

Les artistes qui veulent sortir de l'ordinaire se dirigent soit vers la provocation, soit vers le rêve, soit encore dans une exagération de la banalité de leur environnement.

Takanobu Kobayashi (1960- )

Il recherche son identité dans les voyages et le rêve.

Yayoi Kusama

Yayoi Kusama (1929-)

Souffrant d'un syndrôme de dépersonnalisation, elle vit volontairement dans un établissement de soins psychiatriques de Tokyo réputé pour ses pratiques encourageant l'expression artistique comme thérapie. Son travail qu’elle qualifie d’obsessionnel, est fondé sur la répétition et la multiplication de signes.

Makoto Aïda (1965 -)

Il est connu pour son goût pour la provocation. Il réalise différentes séries, comme les Retours de guerre, et des performances.

La poursuite de l'esthétique traditionnelle

Hotori Miyoko Hotori (1927-)
Tenmyouya

Hisashi Tenmyouya (1966-)

Les illustrations de Hisashi Tenmyouya mélangent des modèles japonais traditionnels avec des éléments du Japon moderne.

 

Yoshihiro Suda (1969-)

Il sculpte dans le bois des végétaux grandeur nature, hyperréalistes et d'une grande fragilité.

Morita Rieko Morita (1955-)
Yamagushi

AI Yamaguchi (1977-)

Le travail de Yamaguchi allie l'esthétique raffiné inhérente à la culture japonaise classique avec la culture pop de l'animation japonaise contemporaine. Ses héroines sont jeunes et sans expression appartenant à la fois à la fiction et à la réalité.

 

2. La peinture chinoise (guohua)

Histoire 

Dynastie QIN (221-207 avant notre ère) capitale Xian -  HAN (206- 220 avant notre ère)- Périodes des Trois Royaumes et des Six Dynasties (3e-6e siècles) - SUI (589- 618) - TANG (618-907) SONG du nord ( 960-1127 ) - SONG du sud ( 1127-1279 ) - YUAN ( Mongols, 1276-1368 ) - MING ( 1368-1644 ) - QING ( Mandchous, 1644-1911 )

L’art primitif de la Chine témoigne d'un sentiment de terreur primitive et de mystère face à la nature. Les fresques rupestres sont les premières manifestations de l’art du paysage dans la Chine ancienne et leur origine sont les grands courants de pensée religieux et philosophiques.

La peinture la plus ancienne  connue est le rouleau datant du 4e siècle de Kou K'ai –tche (Gu Kaizhi) , renommé pour ses portraits , qui décrit des scènes de la vie de cour et des idylles domestiques . (il se trouve au British Museum). A part cet exemple, presque toutes les peintures primitives de la Chine représentent des sujets bouddhiques. Les portraits bouddhiques cherchent à représenter l’idéal incarné dans l’homme, plutôt que ses traits extérieurs.

A partir du 4e siècle, et l’arrivée des dynasties Sui et Tang la symbiose entre poésie et peinture est poussée à sa perfection. Xie He érige les six principes fondateurs de la peinture, Wu Daozi ou Wang Wei considéré comme l’inventeur de la peinture monochrome à l’encre, remplace le trait par le lavis.

Le Paysage à l'Encre est un genre autonome apparu en Chine dès le 5e siècle (époque d'instabilité et d'insécurité où la montagne apparaît comme un refuge)

Du 7e au 9e siècle le paysage coloré a pour thème la méditation.

Les  Quatre Grands Maîtres Yuan ont opéré une véritable mutation dans la peinture de paysage et sont les références majeures des peintres Ming.

Sous le règne des Song (12e et 13e siècle) émerge un courant nouveau, le style " Ma Xia ", l’homme prend une place plus importante.  L’Académie impériale de peinture est créée sous les Song, période où nait la peinture des lettrés au style libre et élégant, au 12e siècle un style de cour se créé réaliste et décoratif. Sous l'occupation mongole, les peintres lettrés, refusant les envahisseurs, s’isolent et se tournent vers les sources anciennes. L’art de cour sous les Ming connaît les derniers éclats de l’âge d’or commencé sous les Tang.

Paysages à l'encre des époques Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911) prédominance des huit excentriques de Yangzhou. Sous  l'empereur Qian Long 1799 premières apparitions de l’influence européenne dans l’art pictural .

Harunobu est l’un  des  maîtres de la gravure en couleur qui ont retracé avec charme l’existence quotidienne du 18e siècle au Japon.

A partir des Yuan  poésie, calligraphie et peinture sont associées pour arriver à la perfection.

Après un âge d’or social et économique au 17e et 18e siècle, la Chine connaît des troubles qui aboutiront au début du 20e siècle à la chute de l’Empire. Peu à peu les peintres laissent éclore leur sensibilité individuelle loin des conventions.

Depuis l'instauration de la république en Chine en 1911 certains jeunes peintres ont étudié l'art de la peinture occidentale à l'étranger. C’est le début de la modernisation de la peinture chinoise.

Du début des années 20 jusqu'en 1950 , la plupart des peintres chinois qui faisaient des études en Europe, aux Etats-Unis ou au Japon retournèrent à cette période en Chine De retour en Chine, ils ont  combiné leurs nouvelles connaissances avec les matériaux et les techniques traditionnels chinois  . Grâce à la systématisation qui commença au début des années 50, l'uniformisation poussée des arts chinois devint une réalité , la création artistique s’est mise généralement au service de la politique. Contrairement aux années 30 et 40, les emprunts à la peinture étrangère furent soumis à des limites précises. A partir du milieu des années 60, les arts servirent d’instruments de propagande politique. Avec le déclenchement de la " révolution culturelle ", la culture chinoise et les peintres en particulier furent persécutés sans pitié. Après la fin de la " révolution culturelle ", les artistes s’émancipèrent par une rupture radicale avec l'uniformité. Au cours du XXe siècle, les peintures à l'huile se sont multipliées.

Technique

Après une contemplation longue et attentive de l'objet, son image est exécutée rapidement sur une base de dessin linéaire (sans ombres ni relief) où le contour exprime la forme incluse, le volume et le mouvement. Aucune retouche n'est possible .L'exercice de la mémoire est essentielle.

La majorité des peintures se présentent sous les formes de kakémono-rouleau vertical accroché au mur ou makémono-rouleau horizontal déroulé sur une table. Le premier support utilisé est la soie, le papier ne se répand qu'à l'époque Yuan. Les Chinois peignent comme ils écrivent, en tenant leur pinceau verticalement.

Il existe de nombreux styles ou écoles qui  traitent de façon spéciale les différents éléments de la nature. On apprend par coeur ces diverses méthodes  A l’habileté s'ajoute peu à peu le manque d’inspiration ou de sincérité et apporte la décadence de la tradition classique.

Dans les peintures bouddhistes il y a symétrie de la composition (figure centrale, proportion parfaite), chez les peintres taoïstes par contre l’asymétrie, l’incomplet sont les principes de la composition. Le principe d’équilibre asymétrique stimule l’imagination et le sens poétique.

Il faut noter que les Chinois ont une aversion profonde pour les tons mélangés et les couleurs troubles . La couleur est le plus souvent discrète.

Dans la peinture traditionnelle chinoise l’élément principal est la ligne .Il n’y  a pas de perspective en point de fuite. Une place très importante est consacrée au vide.

Il faut transmettre de son corps le Qi " souffle, énergie interne" dans la peinture. Le mouvement de peindre doit être souple et fluide, sans entrave sans blocage de l’énergie interne (comme dans les arts martiaux).

Théorie

Qu’est-ce que les Chinois considèrent comme principes fondamentaux de l’art ?

Les Six Canons

Voici les Six Canons ou règles de la peinture établis au 6e siècle par Sie Ho qui ont toujours été reconnus depuis par la critique chinoise:

I "La fusion du rythme de l’esprit avec le mouvement des choses vivantes " ou rythme spirituel exprimé dans le mouvement de la vie. (Nous dirions en Europe que l'artiste doit saisir l’universel dans le particulier.)

(Laurence Binyon - Introduction à la peinture de la Chine et du Japon)

II. Art d’exprimer les os ou la structure anatomique au moyen du pinceau.

III.Le dessin des formes correspondant aux formes naturelles.

IV. Distribution appropriée de la couleur.

V. Composition et subordination, ou groupement d’après la hiérarchie des objets.

VI. Transmission des modèles classiques.

 

(Les 5 derniers canons sont des moyens destinés à atteindre le but défini par le premier. une fois créé, un chef -d’œuvre était transmis c.a.d. était capable par lui-même d’engendrer d’autres oeuvres d’art animées du souffle de la vie.)

L'affinité subtile entre l’homme et la nature est essentielle dans la peinture de la Chine (et du Japon) de même l’évocation ou  la suggestion est un principe esthétique important. Les peintres et les poètes préfèrent exprimer leurs émotions non directement, mais par allusion. La plupart des artistes chinois étaient aussi des lettrés.

Le thème de la nature est constant dans la peinture chinoise. La nature est transcendante. Dans la tradition chinoise le paysage reflète "un état d’âme". Il diffère essentiellement de la peinture du paysage en Europe. On considère les montagnes et l’eau comme les éléments indispensables d’un tableau, et le nom même de paysage en chinois est " montagne et eau ". La peinture de paysages constitue le genre le plus "noble" de la peinture chinoise classique. Elle exprime l'harmonie des éléments yin et yang et exprime les conceptions confucianistes de l'univers du microcosme et du macrocosme.

Pour les Chinois, contrairement aux Grecs et à la Renaissance (pour qui le corps humain est l'étalon de la beauté et des proportions idéales)  la beauté est l'expression de la vérité, qui n'est point d'ordre rationnel mais cosmique et la peinture de personnages, d'inspiration confucéenne, représente le personnage social. Les visages des dames de bonne société sont parfaitement inexpressifs tandis que les portraits moraux des grands hommes sont souvent des évocations imaginaires de personnages du passé. Pendant la dynastie Tang les thèmes "fleurs et oiseaux " (fleurs arbres pierres animaux), le paysage en général, prennent leur essor. En Occident ce n’est qu’à partir du romantisme que la nature physique sera un sujet artistique - voire religieux.

La calligraphie est le plus noble des arts, devançant en prestige la peinture. Le texte du peintre associé à sa peinture exprime son état d'esprit au moment de sa réalisation. Poésie, calligraphie et peinture sont les trois formes de l'art du pinceau. La tradition de marier la peinture à la poésie, surtout à la calligraphie et au sceau, est un trait caractéristique de la peinture chinoise. À partir de la dynastie des Song, on a commencé à utiliser les sceaux dans les peintures. Pendant les Yuan, au fur et à mesure du développement du lavis à l’encre de Chine, le sceau rouge est apparu pour ajouter de la couleur aux peintures en noir et blanc. Il y avait trois sortes de sceaux : le sceau de nom, le sceau de maison et le sceau de devis. Chaque peintre traditionnel possédait deux sceaux de nom : un sceau blanc gravé de son nom personnel et un sceau rouge gravé de son surnom.

L’art traditionnel chinois est ancré dans une tradition, tandis qu’en Occident il y a volonté de rupture.

L’historien d’art Lin Mu écrit que la tradition chinoise est bien plus hétérogène qu’il n’est généralement reconnu en Occident grâce à la variété d’écoles, de matériaux,  de techniques et de croyances religieuses.

Les peintres

Ji Cheng (1582-1642) dynastie Ming

Peintre et paysagiste chinois.

Wu Shangshuo

Wu Changshuo (1844-1927)

Il est l’un des artistes les plus célèbres de la fin de la dynastie Qing. Il fut le premier à utiliser le yang hong (le "rouge étranger") dans la peinture de fleurs et de fruits.

Baishi Baishi

Qi Baishi (1864-1957)

Picasso l’a nommé peintre d'Orient extraordinaire.

Il a peint les fleurs les oiseaux, les insectes, les poissons, les phénomènes et choses ordinaires avec un style pictural vigoureux et rustique et a su combiner l'art populaire et l'art traditionnel, le croquis et la description suggestive, le style méticuleux et le style expressif.

Binhong

Huang Binhong (1865-1955)

Il est connu pour son travail à la brosse. La plupart de ses paysages ont été inspirés par la mémoire de ses voyages. Il a écrit :" Pendant que l'on peint, il faut que l'esprit soit étroitement concentré. On ne peut laisser la bride sur le cou ni l'abandonner aux envols de sa fantaisie. "

Beihong

Xu Beihong (1895-1953)

Il est connu pour ses peintures équestres et est considéré comme le pionnier de la peinture réaliste.

Kushan

Li Kuchan (1898 - 1983)

Il a peint fleurs et oiseaux avec des coups de pinceau larges et appuyés.

Tianshou

Pan Tianshou (1897-1971)

Ses dessins à l'encre font appel à de forts contrastes de noir et de blanc. Il aimait dessiner avec ses doigts.

Zhang Daqian

Zhang Daqian (1899-1983)

Il a innové le procédé de copier les styles des peintures murales des cavernes. Il a utilisé l’encre éclaboussée et la peinture à grands traits.

Baoshi

Fu Baoshi (1904-1965)

Grand maître du lavis à l'encre de Chine il peint les paysages chinois.

Zuoren

Wu Zuoren (1908-1997)

Il est l’un des fondateurs et représentants les plus remarquables de l'école chinoise de la peinture à l'huile. Son style est net, précis et fluide.

Keran

Li Keran (1907-1989)

Il se comparait à un "stoïcien".

A la fin de sa vie, les paysages de Guilin devinrent ses sujets favoris.

Qianyu

Ye Qianyu (1907-1996)

Célèbre comme peintre autant que comme auteur de caricatures et de bandes dessinées.

Fengmian

Lin Fengmian / Lin Fong-min (1900-1991)

Il a étudié en France puis a exercé une grande influence sur le développement de l'art contemporain de son pays. Il a un style figuratif très personnel.

Il fait la synthèse entre la tradition de la peinture nationale et la modernité occidentale. Il donne à ses peintures un rythme musical en utilisant des formes géométriques. Il a été influencé par l’impressionnisme.

Shi Lu

Shi Lu (1919-1982)

Il a voulu combiner poésie, calligraphie, peinture et sculpture de sceaux.

Haywen

T'ang Haywen (1927-1991) chinois vivant en France

Peinture grave, profonde et dépouillée.

Wou Ki Zao

Zao Wou-Ki (-) chinois vivant en France

Il introduit la modernité abstraite occidentale dans l’art chinois.

Meifang

Wang Meifang (1950-)

Il a comme sujets de prédilections les personnages historiques et les thèmes illustres de son pays. Il accentue les sentiments exprimés par la peinture du visage et des mains.

   

Wang Shiyan (1949-)

Peintre et professeur d'art traditionnel, le voyage est une source d’inspiration importante pour ses nombreuses peintures de paysage.

Haisu

Liu Haisu (-)

Peintures à l'huile occidentale  et lavis à l'encre de Chine. Une association de couleurs audacieuses trahissent la palette d'un peintre occidentalisé.

Shanyue

Guan Shanyue (1912-)

Son approche est à la fois traditionnelle et moderne.

 

 

 

 

 

Sicong

Zhou Sicong (1939-1996)

Renommé pour ses paysages il marie les styles chinois et occidental.

Pei Ming

Yan Pei Ming (1960-) chinois vivant en France                         

Il peint sur des formats immenses et travaille au rouleau et à la brosse en noir blanc gris ou rouge. Il a fait des portraits  de Mao, de Bouddha, de Bruce Lee ou de son père Il reprend l’idée des portraits officiels, du culte de la personnalité, mais il détourne l’image. "Quand on me demande comment je peins, je réponds comme si je faisais la guerre, de manière violente et énergique" dit-il.

Xiaogang Xiaogang

Zhang Xiaogang (1958-)

Symboliste-surréaliste. Les surfaces sont douces, les poses sont rigides, le regard est fixe, les visages semblent calmes, et parfois de petites pièces de couleur y sont appliquées  comme si une partie du masque avait été arrachée . L’ambigüité de ses tableaux nous invite à penser à ce qui se produit dans la société chinoise.

Yifu

 Fan Yifu (1963-) 

Formé dès l'âge de 13 ans aux genres traditionnels des personnages et des animaux par le peintre Liu Jiyou, il reçoit de son père Fan Zeng l'enseignement de la peinture de personnages. Ses sujets sont les montagnes embrumées, les rivières, les arbres, les constructions dynamiques.

Li Tianbing Li Tianbing (1974-)

Ses portraits sont la synthèse d’une réflexion entre les traditions européenne et chinoise. Portraits noirs et blancs, images  parfois brouillées, signes en relief de grandes marques sur les visage des enfants, critique du capitalisme d'Etat, nature morte chinoise, comme un lavis classique mais rongée par les ulcères de la civilisation occidentale.

Yue Minjun Yue Minjun (1962-)

Chef de file du mouvement ” réalisme cynique, ses peintures sont une réponse ironique au vide spirituel de la Chine actuelle. Il s'inspire de la peinture occidentale comme Velazquez ou Goya pour exprimer l'anxiété contemporaine et  la violence de notre société. Ses figures grotesques sont des autoportraits  au large rire exagéré comme un défi.